
MARCHÉ NOIR
Spectacle de rue - Création du Laboratoire Urbain d'Intervention Temporaire - 2017 • 2019
Mise en scène : Zelda Soussan et Aurélien Leforestier
Scénographie construction et technique : Aurélien Izard et Marion Prével
Interprétation (7 par intervention, en alternance) : Soleïma Arabi, Maxence Bod, Coraline Claude, Guillaume Derieux, Claire Frament, Alice Gozlan, Mélissa Irma, Aurélien Leforestier, Zelda Soussan.
Regard extérieur : Mark Etc (Ici-Même)
Avec le soutien de DÉCOR SONORE.
La nuit tombe sur la place de marché. Les lampadaires ne s'allument pas. Des étranges dealers rôdent, accostant les passants sous le manteau : « Qu'est ce que vous désirez qui ne puisse pas s'acheter ? ». Un MARCHÉ NOIR se prépare, une occasion unique d'approcher ce que le marché ordinaire ne pourra jamais leur proposer : des biens non monnayables. Des étals se montent, des stands apparaissent. Les passants s'approchent, devenant des clients. « Que seriez-vous prêts à donner en échange ? » demandent un négociant accoudé au comptoir. À coup de marchandages, un deal est conclu. Il sera bientôt débattu dans la salle des marchés aux côtés des autres, lors de séances de cotations, jusqu’à ce que des sirènes se fassent entendre au loin et que les marchands s’enfuient en courant dans la nuit. Seuls restent la Bourse suspendue, où l’on peut lire les désirs et les risques pris par le quartier, questionnant les enjeux d'une prise de responsabilité commune.
Mélangeant les codes des marchés à la sauvette, des primeurs et des marchés boursiers, nous interrogeons la permission de désirer des choses qui dépassent les cadres prévus par la société de consommation ainsi que notre capacité à formuler nos propres désirs. À la fois invisibles et apparents, sombres et avenants, cachottiers et arrangeurs, les comédiens déjouent l’opposition artiste / spectateur : on oublie le théâtre pour jouer ensemble aux nouvelles règles proposées.
Au MARCHÉ NOIR, la parole devient un endroit de prise de risque, révélant le poids des mots. Chaque scène est négociée avec le spectateur car sans clients, pas de marché et sans opinions, pas de débat.